La prostitution : Quelques dates clefs

http://perso.wanadoo.fr/afesip/Historique%20de%20la%20prostitution.htm

(extrait de " http://www.cybersolidaires.org ")

 

EVENEMENT MARQUANT DATE / PERIODE
La prostitution hospitalière : les femmes de la famille sont offertes aux invités en signe d’hospitalité, ce qui permet par la suite aux filles de se constituer une dot.

Société Primitive et Antiquité

La prostitution religieuse ou sacrée se déroule sous la forme d’un hommage rendue aux divinités. Source d’enrichissement, ses bénéfices seront vite exploités par l’Etat.

XXIII, XI°s. av. JC

Du temps de Moïse, la prostitution est interdite, sauf pour les étrangères.

XIII° s. av. JC

En Grèce, Solon étatise la prostitution qui est surveillée, réglementée et rentabilisée; elle suit la hiérarchie des classes sociales.

VII°, VI° s. av. JC

Après une immense débauche régnant dans l’Empire romain, Marcus, soucieux de préserver des valeurs morales, procéda à la première mise en carte des prostituées (Licencia stupri).

II° av JC

Théodose le Grand, empereur romain, s’attaque aux proxénètes afin de stopper la prostitution. IV° s.
Les barbares ne vivant pas dans des agglomérations, connaîtront que très tard la prostitution. IV°, V° s.
Justinien, empereur romain d’Orient, lutte contre la prostitution en instaurant le Corpus Juris Civilis et favorise la réinsertion des prostituées. V°, VI° s.

Théodoric Ier, roi des Wisigoths, utilise la violence contre les proxénètes. Alaric II se livre à une persécution des prostituées avec le Code Alaric ; mesure que ses descendants suivront

V° s.

Avènement du christianisme et règne de Charlemagne, condamnant l’adultère et la prostitution par voie de conséquence : celles qui s’y livrent sont passibles de coups de fouet et d’une chevelure coupée, non les proxénètes. VII°, VIII° s.
Sous la dynastie Song, en Chine, ce sont des prostituées d’Etat à la disposition des fonctionnaires. VII°, X° s.
Saint Louis tente une expérience prohibitionniste accompagnée de la réinsertion des prostituées dans le couvent des Filles-Dieu. Cela se soldera par un échec qui le conduira à rouvrir les bordels. D’où la position de l’Eglise considérant la prostitution comme un mal, mais nécessaire.

XIII° s.

Jeanne Ière, reine des Deux-Siciles et comtesse de Provence, optera pour le sanitarisme en faisant passer des examens gynécologiques aux prostituées chaque semaine sous le contrôle d’une abbesse et d’un médecin d’Etat. La plupart des bénéfices viennent renflouer les caisses de l’Etat. La prostitution est institutionnalisée.

XIV° s.

Une réaction générale s’élève contre la prostitution, Charles VIII pense même à faire brûler vives toutes les prostituées. Charles IX ordonnera la fermeture de toutes les maisons, en condamnant celles qui poursuivraient cette activité. XV° s.
Louis XIV ordonne l’emprisonnement de toutes les prostituées et une grande attention aux maladies vénériennes. Par contre en Italie, certaines prostituées conquièrent une reconnaissance sociale et sont même recherchées pour leur célèbre raffinement. XVI°, XVII° s.
Tout homme possédant une aisance financière a une maîtresse, à l’instar de Louis XV, il en est de même en Angleterre. Par contre, à la fin du siècle Louis XVI instaurera une réglementation : mise en carte des prostituées, contrôles sanitaires et surveillance par une police des mœurs. XVIII° s.

La prostitution est à nouveau tenue pour un mal nécessaire et Napoléon entamera l’ère du réglementarisme caractérisée par l’inégalité sexuelle homme-femme. En Suisse, elle est considérée comme un métier. A la fin du siècle, le premier grand mouvement féministe se met en place en Angleterre sous l’égide de Joséphine Butler se revendiquant abolitionniste. En 1899 à Londres, se déroule la première réunion internationale portant sur ce problème.

XIX° s.
On assiste aux Etats-Unis à une croisade anti-prostitution résultant d’une réaction contre les immigrés et des changements que connaît la société (émancipation de la femme, libéralisation des mœurs, éclatement de la cellule familiale…). De même en Angleterre à la veille de la seconde guerre mondiale. Début du XX° s.
En Hollande, une loi stipule l’interdiction des bordels. 1911
En France, la loi Marthe Richard fait fermer les bordels, supprimer les cartes de police, instaurer le fichier sanitaire et social. 1946
Le Kenya s’inquiétant de l’enrichissement et de l’autonomie des prostituées, les refoule d’une part dans leurs villages d’origine et enferme toutes les femmes célibataires susceptibles de se livrer à la prostitution. De nombreux autres Etats africains suivirent ces mesures de répression. 1948
Convention internationale du 2 décembre pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui. De Gaulle la ratifiera en 1960. 1949
En Australie, une législation officielle à tendance faussement limitative, aggrave la répression et la dépendance des prostituées. 1968
En Suisse, les prostituées ne sont réprimées qu’en cas de racolage actif, de même qu’il existe une tolérance pour les proxénètes passifs, elles bénéficient d’une assurance maladie et payent leurs impôts tel que n’importe quel autre commerçant. 1969
Margo Saint James, prostituée, crée à San Francisco "Coyote", une association de prostituées revendiquant des droits. 1970
Des prostituées se mobilisent à Lyon et écrivent au préfet de police afin de dénoncer les mesures de répression injustes dont elles font l’objet. Une commission spéciale est nommée et rédigera un rapport constructif et réaliste qui finira dans les oubliettes : le rapport Pinot. 1975
Les prostituées lyonnaises montent à Paris pour se faire entendre 1977
Le député du XVIIIème arrondissement de Paris propose la réouverture des maisons closes : proposition Le Tac, du nom de son auteur. Refus général. 1978
Suite à une vague de plaintes des prostituées françaises quant à leurs conditions de vie, on confie la dossier à Yvette Roudy, ministre des droits des femmes. Aucun résultat concret ou fructueux. Décennie 80
En Suisse, une association de solidarité réunissant travailleurs sociaux et prostituées est créée et soutenue par les autorités : Aspasie. 1982

Le Japon adopte un régime réglementariste.
Internationalisation du mouvement des prostituées avec le congrès mondial d’Amsterdam adoptant la première charte des droits de la prostituée.

1985
La Hollande abolit la loi de 1911 interdisant les bordels. 1985
2ème congrès réuni au Parlement européen de Bruxelles. Consécutivement, l’UNESCO réunit un congrès international pour lutter contre le trafic d’êtres humains et déclare la non-assimilation de la Prostitution à un travail.

1986

En Chine, la prostitution contribuant à la propagation des maladies vénériennes, les autorités décident d’interner, jusqu’à guérison, clients et prostituées contaminés.
En Asie du Sud-Est, elle connaît un développement considérable amenant des milliers d’enfants à se vendre ou à être vendus.
En France, le ministère de la Santé propose la réouverture des maisons closes, échec.

1990

En Algérie, la tradition prostitutionnelle du temps de l’autorité socialiste n’est plus de rigueur, la prostitution tombe dans la clandestinité.
La Somalie connaît un fort développement de la prostitution avec le débarquement des américains.

1992

A Milan, en Italie, un amendement menace de procès-verbal toute personne négociant avec une prostituée.
L’Organisation Internationale du Travail appelle à la reconnaissance économique de l’industrie du sexe.

1998
La Suède instaure une peine de prison pour tout client.
A Zurich, en Suisse, première ouverture d’une maison officiellement autorisée

1999