SEXISME et DROITS des FEMMES / SEXISM and WOMEN'S RIGHTS : Bulletin 2003 - 16
Cher-e-s ami-e-s, dear friends,
Ci-joint quelques courriers.
There is some news.
Merci de prévenir si vous ne souhaitez plus en recevoir;
Thanks for sending an e-mail if you want to cancel :
mailing-liste-unsubscribe@sos-sexisme.org
Sororalement. Sisterly yours.
Michèle Dayras
Mail : sexisme@sos-sexisme.org
URL : http://www.sos-sexisme.org
Forum / Newsgroup
:
http://www.sos-sexisme;org/forum/BulletinBoard.asp
SEXISME et DROITS des FEMMES
/ SEXISM and WOMEN'S RIGHTS : Bulletin 2003 - 16
"Pour ce qui est des femmes instruites, elles usent des livres à peu près comme de leur montre; elles la portent pour qu'on voie qu'elles en ont une; peu importe qu'à l'ordinaire elle soit arrêtée ou ne soit pas réglée au soleil." Emmanuel Kant
1 - Nigeria
* Amina sera lapidée !!!
* Save Amina ! Sauvons Amina !
2 - France
* Le congé de paternité ...
* Opposition au port du voile islamique à l'école publique
* Les femmes des quartiers nous interpellent
3 - Iraq : Iraqi women
4 - Iran : Daughter of Iran Revolution Struggles Against the Veil
5 - India : Women in Parliament in India (2002)
6 - Liberia : Women demand end to hostilities
7 - Mali : Rights organisation concerned about violence
against women
8 - R D Congo : A new project to help women who have been victims of sexual
violence
9 - USA : Programs to protect the health of women and young people have been
sacrificed !
10 - Europe
* Actions urgentes ! ! !
* La réunification familiale / Family reunification
11 - International
* Prostitution as Male Violence against Women
* Femmes et islam ...
12 - Conference / Meeting
* Brazil : The 5th International Women's Conference in Brazil
-- on the verge of happening !
* The Women's International Coalition
for Economic Justice and a Fifth World Conference on Women ?...
1 - Nigeria
* Amina sera lapidée
!!!
|
Documentiamoci: Alla
fine hanno approvato la lapidazione di Amina |
-----
Original Message ----- From:
Attilio
Borboni
Sent:
Wednesday, March 26, 2003 11:50 AM Subject:
[Fwd: I: ALLA FINE HANNO APPROVATO LA LAPIDAZIONE DI
AMINA] Il
Tribunale supremo della Nigeria ha
ratificato la condanna a morte per lapidazione di AMINA; ha solamente posticipato l'esecuzione
di due mesi per permetterle
di allattare il suo bambino. Trascorso questo termine la sotterreranno
fino al collo e l'ammazzeranno a sassate, a meno che una valanga di
dissensi non riesca a
dissuadere le Autorità Nigeriane. Amnesty International chiede il
tuo appoggio tramite la tua firma nelle sue pagine web. Mediante una
campagna di firme come questa
si salvò in passato un'altra donna, Safiya, nella stessa situazione. Sembra
che per AMINA abbiano ricevuto pochissime firme. Contatta subito: WWW.amnistiapornigeria.org o WWW.amnistiaporsafiya.org e
firma per AMINA. Non pensare
che non serva a niente;
all'altra donna salvò la vita. Fai circolare questo messaggio fra le persone che sai
sensibili a questa orribile
minaccia di morte. Fallo subito. |
VIDES: parole in movimento; words in motion; palabras que
marchan
From : Anna Di
Giovanni digio <adg@mclink.it>
* Save
Amina ! Sauvons Amina !
The Nigerian supreme court has upheld the death
sentence for Amina Lawal, condemned to be buried up to her neck and stoned to
death, for having a baby while divorced (adultery in Sharia law). Her
death has been postponed until 3 June so that she can continue to
nurse her baby. Amina's case is being handled by the Spanish branch of Amnesty
International, which is attempting to put together enough signatures to make the
Nigerian government rescind the death sentence. A similiar campaign saved
another Nigerian woman, Safiya, condemned in similar circumstances.
The
petition has so far amassed over 4 million signatures. It will take you only two
minutes to sign Amnesty's online petition.
Go to the web page www.amnistiaporsafiya.org/
Please sign the petition.
*
La Cour Suprême du Nigéria a ratifié
la condamnation à mort par lapidation d'Amina Lawal.
Au moyen d'une campagne
de signatures pareille à celle-ci, la vie de Safiya avait été sauvée. Amnesty
International demande votre soutien.
Rendez-vous sur la page:http://www.amnistiaporsafiya.org/ La procédure pour
poser votre signature est indiquée (en espagnol).
***
2 - France
* Le congé de paternité
...
* Opposition au port du voile islamique à l'école publique
Nous voici de retour après 5 semaines de marche : rencontres, débats, actions coup de poing ont ponctué les 23 étapes. Partout nous avons été portées par notre détermination à briser l’omerta, à faire changer nos conditions de vie, à casser les ghettos et à faire respecter partout les lois de la République. Fruit du travail mené depuis plus de deux ans par la Fédération Nationale des Maisons des Potes, cette marche a permis une nouvelle prise de conscience et sans nul doute marquera le début d’un changement réel.
Plus encore, nous avons été portées et soutenues par votre détermination à gagner ce combat : vous avez signé et fait signer l’appel « Ni Putes, Ni Soumises », vous vous êtes mobilisé-e-s, partout en France, pour que cette marche porte ses fruits, vous nous avez rejoint-e-s à l’une ou l’autre étape, à Paris, le 8 mars, vous étiez parmi les 30 000 manifestants… pour tout dire, c’est parce que vous étiez avec nous que cela a été un franc succès.
Aujourd’hui, il est capital de continuer à nous mobiliser. Nous devons continuer ensemble à porter les revendications qui permettrons d’améliorer la condition des femmes dans les quartiers et plus largement la place des femmes dans notre société. Pour cela, l’appel doit continuer de circuler, les rencontres, les débats doivent continuer d’être organisés…
Surtout, c’est dans la création des comités du « Ni Putes Ni Soumises » que chacun doit s’investir afin que les cinq propositions concrètes que nous avons formulées au sortir de la marche deviennent réalité dès demain :
- Edition d’un guide pratique d’éducation au respect,
distribué dans les quartiers, les lycées et les collèges. Il s’agit d’entretenir
le débat dans ces lieux et de recréer une mixité fondée sur le respect.
-
Mise à disposition de logements d’urgence pour les filles et les femmes en
situation de détresse immédiate. Ces logements ne doivent pas être situés dans
la cité, et devront permettre aux femmes de (re)devenir autonomes grâce à la
présence d’une équipe d’encadrement professionnelle.
- Création de dix sites
pilotes de points d’écoute pour les femmes. Ces « espaces-femmes », desquels les
hommes ne seront bien sûr pas exclus, devront être des lieux d’aide et de
réconfort pour favoriser à terme la mixité dans les quartiers.
- Organisation
de l’université des Femmes. Ce sera le rendez-vous annuel pour enrichir les
participantes grâce aux débats mais aussi, ce sera un temps fort pour faire le
bilan et réfléchir aux perspectives d’actions.
- Accueil spécifique dans les
commissariats avec la mise en place de dispositifs d’accueil et de protection
pour les filles et les femmes victimes de violences. Car la peur des
représailles nourrit trop souvent la loi du silence.
Comme vous pouvez le constater, nous avons encore du chemin à faire ensemble ! C’est pourquoi, nous vous invitons à participer aux actions que nous menons et aux créations de comités partout en France. Pour cela, prenez contact avec nous au plus vite. A très bientôt.
Christelle et Safia La
Présidente
redaction@macite.net
ABIDJAN, 26 Mar 2003 (IRIN) - The World Organisation Against
Torture (OMCT) expressed grave concern on Tuesday over reports of violence
against women in Mali. Apart from forced marriages and polygamy, which are
common, 24 percent of Malian women marry before the age of 15 years and 94
percent undergo female genital mutilation (FGM), OMCT said in a report to the UN
Human Rights Committee.
"Early marriage often means that girls
discontinue their schooling and leads to adolescent pregnancy, which can have
adverse health consequences because the girl is not yet physically or
psychologically mature enough to bear children," OMCT said. "FGM has been
condemned by health experts around the world as damaging to a woman's health.
OMCT urges the Malian government not only to repeal all laws justifying such
practices, but also to criminalize such practices and raise awareness about the
harms that accompany such practices."
The OMCT report titled: "Violence
against Women in Mali", was submitted to the UN Committee in Geneva as it began
to examine a report on the implementation of the International Convention on
Civil and Political Rights in Mali. The Committee's 77th session focusses on
discrimination against women.
"Mali has ratified most major international
and regional human rights treaties and its Constitution proclaims to defend the
rights of women. However, many discriminatory laws continue to exist in Malian
legislation," OMCT said. "These discriminatory laws relate to a woman's
inability to pass on her Malian citizenship to her child, women's rights in
marriage, the minimum age of marriage for women, and women's rights in divorce
and widowhood."
In Geneva, Mali's representative to the UN, Sinaly
Coulibaly, told the Committee's 77th session on Tuesday that his country's
report dealt with human rights guaranteed by the Constitution, as well as
important reforms in political, economic, social and institutional dimensions
designed to provide for more effective application of those rights. With its
submission of the report, Mali had demonstrated its attachment to rights that
arose from the inherent dignity of human beings, he added.
The Committee
was due to reconvene on Wednesday, 26 March, to continue its consideration of
the Malian report, UNHCHR reported.
Details of Mali's report to the Committee
Details on OMCT's work are
available at: www.omct.org
From : www.irinnews.org
10 - Europe
* Actions urgentes ! !
!
Cher-e-s membres du LEF
Veuillez remplacer les mots entre
crochets et en italique par les termes appropriés (nom de votre organisation,
pays, etc.) et envoyer cette lettre à vos représentants au sein de la Convention
(liste des membres en annexe).
Date
(…)
Madame, Monsieur
(…)
Re. :
Egalité femmes-hommes et intégration de la dimension de genre dans le
projet de Traité constitutionnel
Je m’adresse à
vous en votre qualité de membre de la Convention sur l’avenir de
l’Europe.
Le Lobby européen
des femmes (LEF) est la plus grande coalition d’ONG de femmes en Europe, avec
plus de 3000 organisations membres. Le [nom de votre organisation] est un
membre [national / européen] du LEF.
Le LEF suit les travaux de la Convention avec grand intérêt et travaille
activement pour que la perspective femmes-hommes en fasse partie
intégrante.
Un certain nombre
de membres de la Convention ont demandé que l’égalité femmes-hommes soit
intégrée dans l’article 2 Partie I du nouveau projet de Traité constitutionnel.
Nous soutenons cette position et réitérons notre demande concernant l’intégration de
l’égalité femmes-hommes dans l’article 2, Partie I qui énonce les valeurs
de l’Union.
Je voudrais également attirer votre attention sur la disposition
concernant l’intégration de la question de genre actuellement placée dans la
première Partie du traité établissant la Communauté européenne, «Principes»,
article 3.2. Cependant, le projet de Partie II du groupe d’expert-e-s suggère de
placer cette disposition dans la Partie II «Politiques» du projet de Traité
constitutionnel. Nous considérons qu’il est essentiel que la disposition
concernant l’intégration de la question de genre reste un principe fondamental
du nouveau Traité constitutionnel et donc soit placée dans la Partie I, à
l’article 8 dans les Principes Fondamentaux.
Connaissant votre engagement en faveur de la pleine réalisation par les
femmes de leurs droits humains, j’espère que vous soutiendrez notre position
lors des débats à venir de la Convention sur l’Avenir de
l’Europe.
Je vous prie
d’agréer, [Madame / Monsieur …..], l’expression de ma haute
considération,
Signature
***********************************************
Juliette Kamper
*
Please replace the words in brackets and italics by the appropriate terms (name of your organisation, country..), and send it to your representatives in the Convention (list of convention’s members attached).
Dear
(…),
Re.:
Gender equality and gender mainstreaming in the draft constitutionnal
Treaty
We are
writing to you in your capacity as a member of the Convention on the Future of
Europe.
The European Women’s Lobby (EWL) is
the largest coalition of women’s NGOs in Europe incorporating more than 3,000
member organisations. The [name of your
organisation] is [national /
European] member of the EWL. The EWL follows the work of the Convention
with great interest and is working intensively to ensure that the gender
perspective is an integral dimension of its work.
There has been a significant number of Convention members requesting that
gender equality be included in Article 2 Part I of the new Constitutional
Treaty. We wish to support these Convention members by insisting that equality
between women and men be included in Article 2, Part I.
We also want to
bring to your attention the gender mainstreaming clause which is currently
contained in Part One of the EC Treaty Article 3(2) under ‘Principles’. However,
it has been suggested, in the legal experts draft of Part II, to place this
clause in part II ‘Policies’ in the new Constitutional Treaty. We believe that
it is essential that the gender mainstreaming Article remains an essential
principle in the new Constitutional Treaty and thus be placed in Part I Article
8, under Fundamental principles.
We are confident in your commitment to
the full realisation by all women of their human
rights and very
much hope that you will be able to support our position in the upcoming
discussions within the Convention on the Future of
Europe.
Yours sincerely,
Signature
* La réunification familiale / Family reunification
LA RÉUNIFICATION FAMILIALE/L’immigration : UE/JUSTICE : Le Parlement européen favorable à un élargissement des droits en matière de regroupement familial, Bruxelles, 24/03/2003 (Agence Europe) – La commission parlementaire des libertés et des droits des citoyens s’est prononcée en faveur d’une amplification des droits en matière de regroupement familial par rapport à l’accord minimal conclu entre les États membres le 27 février. Le rapport de la socialiste espagnole Carmen Cerdeira Mortero sera présenté à la plénière pour adoption en avril ou en mai. L’avis des Parlementaires européens n’aura pas de valeur indicative pour les États membres, dont la seule obligation sera d’attendre qu’un avis soit rendu pour adopter officiellement le texte. Alors que le Conseil a limité le droit des étrangers en ne les autorisant à faire venir que leur conjoint et leurs enfants mineurs, la commission des libertés pense que ce droit devrait être étendu aux partenaires non mariés ou à ceux qui s’inscrivent dans un partenariat enregistré, indépendamment du sexe, dans un État membre d’accueil qui considère ce type de partenariat comme un mariage. En outre, elle souhaite que les enfants majeurs, confiés à la garde de leurs parents pour des raisons de santé, soient autorisés à rejoindre ces derniers. De même, la commission s’oppose à ce que les États membres soient autorisés à refuser le regroupement familial à un enfant de plus de 12 ans arrivant séparément de ses parents et ne présentant aucune « garantie d’intégration ». Le commissaire Vitorino, qui présentait les résultats du dernier Conseil Justice et affaires intérieures à la commission, a répété que l’accord « minimal » conclu par le Conseil ne plaidait pas en faveur de la valeur ajoutée des normes européennes en matière d’immigration légale. Toutefois, comme il l’avait fait concernant les lignes directrices du Conseil, il a assuré son auditoire qu’avec ce texte, les Quinze reconnaissaient l’existence d’une compétence européenne en la matière (EUROPE du 28 février, p.8, et du 1er mars, p.10).
*
FAMILY
REUNIFICATION/Immigration:
EU/JUSTICE:
MEPs for more generous family regroupment rights Brussels,
24/03/2003 (Agence Europe) - The European Parliament's Committee on Civil
Liberties has spoken in support of much more generous family regroupment rights
than in the a minima political agreement between Member States reached on 27
February. The report by Spanish socialist Carmen Cerdeira
Mortero will be submitted to a plenary vote in April or May. The
opinion of the MEPs on this matter will not be indicative for the Member States,
whose sole obligation is to wait for the opinion to be given in order to be able
to adopt the text formally. Whereas the Council has limited the right of
foreigners to bring their families to spouse and minor children only, the
Committee on Civil Liberties believes that this right should be extended
to unmarried partners, or those in a registered partnership, independent of
gender, in a host Member State which treats such partnerships the same as
married couples. They also support authorisation for major children to
join their families if they are under their parents' care for health reasons. In
the same way, the Committee is opposed to allowing a Member State to refuse
family regroupment for a child over the age of twelve arriving separately from
the parents, and presenting no "guarantees of integration". Commissioner
Vitorino, presenting the results of the last Justice and Home Affairs Council to
the Committee, reiterated that the "a minima" agreement reached at Council "was
not made to demonstrate the added value of European standards on legal
immigration matters". However, as he did on the Council sidelines, he assured
his audience that with the test, the Fifteen were recognising the
existence of EU competency on this question (EUROPE of 28 February, p.8,
and 1 March, p.10).
From : struthers@womenlobby.org
***
11 - International
* Prostitution as Male
Violence against Women
(Speech by Ms Louise Eek, Lund
University, Sweden)
First I would express my appreciation to the fact that I have been given the
opportunity to speak here at this conference. I will speak in a subjective way
because I made my “fieldstudies” in seven years inside the pornindustry. And I
will speak from an actors perspective because I entered and were there in the
same conditions as the other participants.
Most of my former sisters are dead
today. Some of the Women have been killed, and others have taken their lives. I
am here today to honour and tell parts of their stories. So their short lives
where not in vein – just to be forgotten. Not so they only were to the benefit
for the Men they had to offer sexual services
to.
I have them with me constantly. I
carry them in a special place in my heart,
In the 70’s it was legal to buy
suxual services in Sweden. Lena, was one of the Women that I have been working
with in the clubs. It was a period where all pornoclubs were veiled brothels.
Thats because it wasn’t legal to earn money on the Women who were prostitutes as
clubowners, propertyowner and pimping. Anyway it was a period in Swedens sexual
history that aloud everything. Not sanctioned by the gouvernment but in general
by the clubowners.
In her spare time Lena had a sexual
relation with her brother-in-law. Her husband found out. He entered their
kitchen in rage. She had betrayed him, she had sex with someone who didn’t pay
her. He hit Lena unconscious. When she laid on the floor on her back he seized
the moment and broke off one of the kitchen table legs– and kicked it up Lenas
vagina. Then he carried her to the bathroom and threw her into the bathtub.
After a while he returned with 5 litres of oil that was heated up. He poured it
over her. The couple had a 2-year old son. She was one of the Women who had told
her customers days before that she earned more money than her doctor – with no
responsibility.
I could speak about more violence
that has been directed to the Women who have experience from prostitution. From
their boyfriends as well as from guests. The violence has always been there – as
a compaignon. No matter if prostitution as a phenomena is legal or
not.
I think it’s extremely important to
meet and exchange different experiences in these serious matters, as
prostitution and trafficking are. So we all speak the same language. And I don’t
make any difference between so called volountary prostitution and trafficking –
the diffrence that I make is between the direct violence and the indirect. Let
me explain.
We need understand that this is
neither an individual problem nor a structural problem. Instead it’s a complex
issue with many levels of difficulties. Therefore the problems are combined
beneath one hard surface. That’s why the governments in Europe need for exampel
project as “Nordic- Baltic Campaign Against Trafficking in Women
2002”.
At least the countries must have a
mutual plan and the same definition on this task. One day I am sure that You
also will see prostitution through the same realistic glass that we use and
understand that Women never positively choose to prostitute themselves. The way
that the gouvernment in Netherland is handling the problem is the same as Sweden
did – in the 19th century. Germany has moved the issue to become a
labour market policy. And the Women haven’t got any benifit from the move the
only ones that earn on this change of policy is the buyers.
From my point of view prostitution
shall be treated in the same way as trafficking – both of them belong to the
boil of society.
For me, the possibility to separate
the phenomena of prostitution from trafficking is a question of nuances not
differences in species.
Present research shows that what is
“willingness” from the beginning is sliding; sooner or later she have to do
things and offer services that she never would have accepted before she entered
the industry. None of the Women know what they are getting themselves involved
in before it’s to late.
This is one of the industries best
selling argument that the Women have been given her approval at the same time
they forget to see their own dishonesty as a part of it. And they will never
tell the Woman the whole truth about what she will be doing. Instead the pimps
and the clubowners were / still are very manipulative and often good
sweettalkers.
They sell their ideas in a nice
package and it’s just a matter of time until the Woman gives her acceptance.
Sentences like “With your sexy body”, “You look so sensual, so beautiful”, “why
aren’t you making money on your goldmine?” is just a strategy to turn her into
merchandise. The feminize-ation of poverty is one of the ingrediences from start
or the final factor that push her into the industry.
Always she has arrived with a dream
about a better life. But the bodyhunters forget to speak about the prize she
must pay – sooner or later. It’s like the Women participate in a game of Russian
roulette. Where the thrill and entertainment is his – and the target for the
bullet is her mind and mental health.
It’s very important to see what is
going on around us with very clear glasses and realize that this organized
buying and selling of human beings will not end by itself. But it’s also
important to decide where our society is headed. Which direction? Should society
allow and sanction that Women in general get labelled as “good” or “bad”? That some women are avalible for buyers
and some are not?
Speaking about Trafficking and
Prostitution and at the same time we striving to have equality in our societies
will therefore be difficult. Who should in that moment decide who should become
a prostitute? The family? The school? The government or the pimps? Many times
speakers from different areas see prostitution as the oldest work in history – I
mean that this is the oldest lie ever told.
If we look in our history it’s
nothing new with Women who are leaving their homes to move where the job is.
What is new at present is that many Women are transported to other countries
around Europe, and the world, for one purpose only: to be sold and held as
slaves for sexual exploitation.
What the Women really need is
education and possibilities to have a ordinary job that cover her expenses and
let her earn so much money so she also can save money for her future. In other
word: Women must have the same possibilities as Men always have had opportunity
to, to earn Money.
The questions we need to take
seriously are also:
1. Is
it possible to speak about prostitution as a voluntary or a free
choice?
And
2. Is
it possible to speak about equality in our societies at the same time we allow
prostitution?
Normally the buyer is a Man with
money in his hand. Normally it’s a heterosexual situation. It’s “he” whois
setting the rules in the moment of buying sex. It’s “his” demand, wishes and
sexual fantasies that will be satisfied. Not the selling part.
The reason for this is that we in
many cases have a traditional, old partriarchal view of sexuality – his
sexuality – and “she” is the one who will serve him. Basically it’s the view
where the man with a sexual desire, meets the woman with no sexuality. “His”
lust makes “him” just a victim to “her” deceitful and luring appearance. The
game is just to make it look as if “she” is the promiscuous, free and
emanicipatoric woman. In reality “she” has nothing to demand for “her” own sake
and “she” is in no position to claim any rights. What so ever.
When the sex-workers-rights lobby
says that we just give “her” the opportunity to live out “her” wishes, it is
still just about a state of mind that corresponds to the old views of responding
on male sexuality.
For me it’s obvious with my past –
to answer on one the first question (above) NO! Prostitution is neither a choice
nor a job – this is a state of mind. Period.
The way I saw my situation during my
period at the clubs was an advantage for me. No one could spank me with a belt
and call it a bad temper anymore. Instead it was I who held the belt - with
spikes. And I got payed to do it.
It was cleaner and nicer and cosier
then the drugrelated surroundings where I had been before. It was safer because
no-one could touch my body anymore without my permission. It was a better way
compared to when three young boys stole my virginity in a grouprape when I was
fourteen years old.
Many times people talk about the
phenomena as a speach of freedom. Me and my sisters have all been drilled and
tamed until we were so deformed, until that day we fled into the club. As we had
done until that day we couldn’t feel any longer. Or anything. We who were
running from our past more then going towards a freedom of some kind. A freedom
of what?
In these surroundings I also had the
opportunity to feel that I was Somebody. Someone to count with. I didn’t realize
that it wasn’t just these young girls who confirmed me. Even I confirmed them.
Only with my presence – not because of who I was it was instead just because of
that I – or someone else –
arrived there.
Most of the Women I met at the
pornoclubs in Sweden and Denmark – didn’t even know what was expected from us
the day we entered. We looked so healthy. So beautiful. So young. On my question
“how long will You work here?” all of them answered with one mouth: just this
year, just this year.
At that moment I thought that they
were very strange because I just wanted to be there for one week to earn money
so I could pay my debts. Some of the Women I met are dead and some are still in
the industry. And for me that week ended up in seven years.
One problem that the newcomer has to
become familiar with is to sell sexual services. In general she will serve about
five customers every day. Five different Men she isn’t related to in any way.
Five different Men with, you could say, odd demands. And all the time it’s his
demand and wishes that is not only countable its suprior and
final.
If You asked me back then, I would
certainly have given You the answer: that this is something that I have chosed -
what would You have expected me to answer? About the abuse that I have been
exposed to earlier in life? About being abandoned not only from my father but
also from my mother? About the angst and the demons that hunted me? Instead I
would say: this is what I want to do...
Just to have some dignity
left.
You need to understand that Women in
prostitution are women that along the road teaches themselves to have sex with
almost none physical or mental contact at all. She goes into sexual roles as a
confident woman with heritage all from the spirit of Madame de Sade to a young
virgin with a naive glance in her eyes. She has about 15 to 30 seconds to decide
which role “he” who just entered the door wants her playing.
It’s never “her” sexuality. Instead
it’s about the buyer with money in his hands, who is setting the rules. Again
and again and again...
It’s his fantasies that she has to
answer to. The better she learns this lesson the more the industry will love
her. At the same time she also will become almost like an idol for her sisters
that honesty believe that she have so many buyers because she is so beautiful,
sexy, good dancer etcetera...
All of my former sisters, included
myself, had entered with the same dream of a better life than the present. The
door marked “Promises” felt safe, but most of the time we neither knew what we
actually would be doing, nor where we would end up. We the girls, who couldn’t
see and calculate with the consequences that would follow. It was more of an
experience and feeling of freedom.
During several years I have met
Women with different colour of their hair, skin and passports. Race and class
has nothing and everything to do with it. But the superior premise is her sex
and gender. And the things that matters if we should become Women with
experience of prostitution was their – as well as mine – earlier and earliest
experience. A weakness that other people took advantage
of.
And on the individual level it
doesn’t matter if the Women with experience from prostitution live in Mexico,
Estonia or Sweden it seems that the same parameter had been fulfilled for her
subjective part.
At the time we where inside the
industry we dreamt on about the future. At that time we all would have our own
family – where the “knight in shining armour” would have entered our lives and
saved us. In the future we shouldn’t have to deal with the tricks that we
despited as well. And the knight/ prince should never ever had used any
pornographic magazines or bought
anyone...
He would save us from the situation
where we were stuck in – and some sisters dreamt of children and others didn’t.
The glue that united us was our past. A childhood that included abuse, abandon –
not only from our fathers but also from our mothers and in many cases
rape.
The most important issue for the
industry were that they welcomed us because of the fact that we had arrived not
for who we were. We had even walked through the door on our own legs. And none
had put a gun to our sculls – they didn’t needed to. A minor group is still
running – inside the industry – where they don’t see any way out of it.
If we don’t understand the stigma
that the actors/the selling part in this phenomena are held into, it’s hard to
understand why they don’t stop their way of living. But it isn’t just the stigma
that the society put on them. Women in prostitution, in general, also feel that
they are marked for the rest of their lives, feeling dirty, marginalized and so
on – maybe because of the inner stigma.
If the societies in this area of the
world it’s serious to work towards same goals. You must put not only trafficking
as well as prostitution as a high priority-call. It means money to different
longterms programs, at different levels. It means everything from finance of
education for special needs (for example sex- and relation-tasks in school), to
offer therapy for the women with experience in prostitution and educate them in
basic subjects. Where some programs needs even to train them in social relations
etc etc...
The opinion of those who think that
this is a free choice and working with the phenomena. It’s going to be hard not
so much for You as for the Women. And You must understand that You need to hold
your sexuality separated from the issue. You also need to understand the
importance to draw the line between the actors and the phenomena and try to stay
focused. Otherwise your ego will pull the Women even stronger into the
phenomena.
The Women in the industry are at
least accepted as they are inside the industry.
The pornoindustry is an industry
made by men for other men. The
Swedish legislation that criminalized the buyer is very unique. The Swedish
model, with its innovative view; To spot the buyer and give him the
responsibility that he should have, is an important step towards equality and
not making the issue to just a migration-problem. But Sweden isn’t an isolated
country therefor its difficult to fight the industry
alone.
The governments in the EU-area not
only can but also must do something!
At least give an affirmative answer
and not ignite the problem as if prostitution isn’t a problem. It is a social,
economical and cultural problem. And it still exists.
* Femmes et islam ...
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Pourquoi est-il
important pour vous d'évoquer à nouveau la condition des femmes
musulmanes?
Partout dans le monde, les femmes sont
opprimées par les religions, les coutumes, les traditions. Mais là où
elles souffrent le plus de nos jours, c'est dans les pays islamiques.
L'Occident a instauré la laïcité, la séparation des Eglises et de l'Etat,
alors que dans la plupart des pays musulmans les femmes sont toujours sous
le joug de sept cents ans de charia. Des millions de femmes endurent de
terribles souffrances. Elles sont enfermées, brûlées, lapidées à mort...
Venant d'une famille musulmane, je me sens la responsabilité de dénoncer
l'islam, car les femmes qui y sont soumises n'ont ni les droits ni la
liberté qu'elles devraient avoir. On leur a inculqué depuis des siècles
qu'elles étaient des esclaves pour l'homme, qu'elles devaient suivre le
système que les hommes ou Dieu ont créé. Sous la charia, les femmes sont
considérées non pas comme des êtres humains, mais comme des objets
sexuels, des êtres de seconde classe. Nous n'avons pas besoin de cette
loi, il faut la combattre!
De quelle façon votre propre vie illustre-t-elle cette condition féminine? En êtes-vous un bon exemple? Je le suis. J'ai vécu dans une société
dominée par les hommes. Toute mon enfance, j'ai beaucoup souffert, surtout
parce que la tradition m'interdisait de sortir. Je devais rester à la
maison, pour aider ma mère. Celle-ci n'était pas la seule à être opprimée.
Toutes les femmes l'étaient: mes tantes, mes voisines... A l'époque, je ne
voyais pas cela comme de l'oppression, mais comme le fruit de la
tradition. Je ne comprenais pas que l'islam était l'outil du système
patriarcal. Je vivais dans une société musulmane, dans une famille
musulmane, et j'avais l'habitude de voir les femmes enveloppées dans leur
burqa de la tête aux pieds, se faire battre par leur mari, qui pouvait
être polygame ou qui divorçait quand il le voulait. Je pensais alors que,
peut-être, ces hommes agissaient mal, que sûrement l'islam ne permettait
pas de telles choses.
C'est en lisant le Coran que vous avez vu les choses différemment? Oui. C'est ma mère qui m'a enseigné le
Coran. J'avais aussi un maître qui venait à la maison m'apprendre l'arabe
pour que je puisse déchiffrer le texte, sans que je le comprenne vraiment.
Souvent, les femmes ne savent pas ce que dit le Coran, car le texte est
écrit en arabe, et dans beaucoup de pays non arabophones on déchiffre
l'arabe sans comprendre le sens des versets... Mais, à 14 ans, je suis
tombée sur un Coran traduit en bengali, et j'ai comparé plus de 12
traductions bengalies différentes... A ma grande surprise, j'ai compris
que c'était bien Allah qui déclarait les femmes inférieures, qui prônait
la polygamie, le divorce uniquement pour les hommes, le droit de battre
leurs épouses, l'interdiction faite aux femmes de porter témoignage en
justice, l'inégalité en matière d'héritage, le port du voile… Oui, Allah
permettait tout cela. J'ai compris que la condition des femmes musulmanes
n'était donc pas un problème spécifique à la société bengalie, mais bien
le fait de la loi d'Allah, une loi terrifiante, ou plus précisément de la
loi que Mahomet avait faite au nom d'Allah… Lorsque j'ai tenté de
critiquer l'islam au nom des femmes et de la justice, les fondamentalistes
sont devenus fous; ils n'ont pas accepté de débattre, ils n'ont pas
argumenté, ils ont seulement voulu me faire taire et me tuer. Ils ont
décrété une fatwa que le gouvernement a cautionnée au lieu de les
sanctionner. Ce n'était pas illégal, puisque le Coran dit que l'incroyant
doit être tué: Allah le permet. Pour sauver ma vie, j'ai été forcée de me
cacher et de quitter mon pays, sachant que beaucoup de gens me soutenaient
mais ne pouvaient le dire publiquement.
Est-ce
vraiment le Coran qui est responsable, ou les fondamentalistes qui
l'interprètent à leur manière?
Beaucoup de musulmans modernes disent que les fondamentalistes ont tort, que ces derniers ne représentent pas le vrai islam, et que celui-ci n'a jamais prescrit d'assassiner les incroyants. C'est faux! C'est bien l'islam, le vrai islam, l'authentique islam, qui prescrit de tuer les apostats et les incroyants. Cela est explicite dans le Coran. Le Coran dit même que l'on peut tuer les juifs et les chrétiens et que, si on se lie d'amitié avec eux, Allah promet l'enfer. Ne serait-il pas plus juste de dire qu'on y trouve des versets contradictoires? Oui, mais c'est uniquement parce que,
lorsque Mahomet n'avait pas le pouvoir, il recherchait des alliances
politiques avec les non-musulmans. Il se voulait tolérant. Mais, dès qu'il
eut le pouvoir, il changea radicalement et commença à parler de massacrer
les non-musulmans... Si les fondamentalistes ont voulu me tuer, c'est
parce qu'ils veulent vraiment appliquer le vrai islam. Ils sont l'islam
authentique. Les musulmans qui souhaiteraient voir les femmes libérées
sont en contradiction avec leur doctrine: Allah ne les aurait pas
acceptés. Le Coran le dit clairement, et ce sont les paroles d'Allah
lui-même: «Les hommes ont autorité sur les femmes du fait que Dieu a
préféré certains d'entre vous à certains autres, et du fait que les hommes
font dépense, sur leurs biens, en faveur de leurs femmes. Les femmes
vertueuses sont obéissantes… celles dont vous craignez l'indocilité,
avertissez-les! Reléguez-les dans les lieux où elles couchent!
Frappez-les… (4.34).»
Que dit-il de la vie
sexuelle des femmes?
L'islam considère la femme uniquement comme
un objet sexuel, un objet sale comme de la merde, car le Coran dit
textuellement: «Ô vous qui croyez, si vous êtes malade ou en voyage, si
vous avez été en contact avec vos excréments ou que vous ayez touché une
femme et que vous n'ayez pas d'eau, recourez à du sable [avant de prier]
(4.43).» Il dit aussi: «Vos femmes sont un champ de labour pour vous.
Venez-y comme vous voulez.» Donc, quand les hommes veulent et comme ils
veulent! Que la femme veuille ou non, la question n'est jamais posée! Les
hadith précisent que deux catégories de prières n'atteignent jamais les
cieux: celles de l'esclave en fuite et celles de la femme qui se refuse la
nuit à son mari...
Et le voile? Il faut savoir que le voile existe
uniquement parce que Mahomet était très jaloux de ses amis qui venaient
lui rendre visite et regardaient Aïcha, sa femme. Il ne pouvait tolérer
cela. C'est alors qu'il dit avoir reçu une révélation d'Allah lui disant
que les femmes devaient se couvrir face au regard des hommes. Il imposa
donc le voile à Aïcha, et par extension à toutes les femmes. Réalisez
aussi que Mahomet a pris Aïcha pour femme quand elle avait 6 ans! Ce qui
est, bien sûr, un abus d'enfant. Oui, je pourrais qualifier Mahomet
d'abuseur d'enfant. Et le voile est, pour moi, le signe de la plus
profonde oppression.
Réalisez-vous que vos propos peuvent être considérés comme choquants, voire insultants, pour l'islam? Si c'est insulter l'islam que d'affirmer
que le Coran est un texte oppressif, alors je peux insulter l'islam. Ce
qui compte pour moi, c'est l'être humain, et non le texte. L'islam n'est
pas une personne avec un cœur et des sentiments. Ce n'est qu'une création
humaine qui date de très longtemps. Je pense réellement que l'islam est
une torture contre les femmes, une torture que nous devons combattre. Mon
stylo est ma seule arme. Je ne me trouve pas spécialement radicale. Je dis
seulement la vérité. Tout est écrit dans le Coran. C'est moi qui ai été
choquée quand je l'ai lu pour la première fois, quand j'ai vu que des
millions de gens croyaient encore à ce livre horrible. Comment est-ce
possible si l'on croit aussi à l'humanisme? Je pense que toute personne
consciente serait choquée comme moi.
Vous n'avez pas peur de parler ainsi? Pourquoi aurais-je peur, puisque je dis la
vérité? Même au Bangladesh, je parlais de cette manière, et je n'avais pas
peur. Le Coran ne dit rien sur la réalité du monde, il ne permet pas la
mise en œuvre des droits de l'homme, de la démocratie, de la liberté
d'expression. Il est plein d'idées fausses sur l'Univers.
Plutôt que la cause de l'oppression, le Coran ne serait-il pas un prétexte dont les hommes se servent pour conserver leur pouvoir sur les femmes? C'est parce que le texte existe qu'ils
peuvent s'en servir. Si ce texte n'était pas considéré comme provenant
d'Allah, intangible pour tous les temps passés et à venir, alors le Coran
ne serait pas important. En réalité, les fondamentalistes peuvent
justifier leurs crimes du seul fait que ce texte est considéré comme
saint.
Il n'y a donc rien à garder du Coran? Non, parce que maintenant nous connaissons
la modernité et les droits de l'homme. J'ajoute que, pour moi, il n'y a
pas de conflit entre l'Islam et l'Occident, entre la chrétienté et
l'islam; il existe plutôt un conflit entre sécularisation et
fondamentalisme, entre pensée logique et pensée irrationnelle, entre
innovation et tradition, passé et présent, modernité et antimodernité,
entre ceux qui valorisent la liberté et ceux qui ne la recherchent pas. Je
défends les musulmans partout où ils sont opprimés, en Inde ou ailleurs
quand ils sont en minorité. Je suis contre la violence. La violence n'est
jamais une solution. Je sais que la plupart croient en l'islam d'abord par
ignorance et parce que les politiciens se servent de la religion pour les
maintenir dans l'ignorance. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une
éducation éclairée. Il y a des siècles, des hommes ont créé l'islam. Le
Coran peut être considéré comme un document historique. Je n'ai jamais dit
qu'il fallait le détruire, pas plus qu'il ne faut détruire les hadith! On
doit le prendre comme un élément de notre histoire passée, mais ne pas
chercher à l'appliquer de nos jours.
Vous ne pouvez pas
nier une certaine évolution de la condition des femmes. On n'est quand
même plus au temps du Prophète!
Bien sûr. Mais l'essentiel ne change pas.
Un exemple: au Bangladesh, avant 1962, un homme qui voulait divorcer
devait simplement prononcer trois fois le mot «divorce» pour l'obtenir.
Depuis la réforme de la loi islamique, il lui suffit d'écrire une simple
lettre à l'autorité locale, et le divorce est prononcé. Où est la
différence? Autre exemple: si un homme veut se marier une seconde fois, il
doit demander la permission à sa première femme. En réalité, comme
celle-ci continue à dépendre économiquement de son mari, elle n'a pas
d'autre choix que d'accepter... De même, lapider une femme n'est plus
légal au Bangladesh. Pourtant, cela arrive quotidiennement dans les
villages, et les autorités laissent faire: les fondamentalistes répondent
simplement qu'ils ne font que suivre la loi d'Allah. Pour moi, ces
réformes n'ont aucun sens. Je veux une révolution.
Tout dépend des pays. Au Maghreb, par exemple, les jeunes femmes semblent plus libres que leurs mères. Dans certains pays musulmans, il arrive que
des femmes aient plus de liberté sexuelle, mais ce n'est pas grâce à
l'islam. Si elles ont plus de liberté, c'est parce qu'elles l'ont prise!
Aucune société ne la leur a accordée. Il reste que la majorité des femmes
musulmanes a toujours peur et ne peut rejeter le système si
facilement.
Que souhaitez-vous dire à toutes ces femmes? Je voudrais
leur faire comprendre qu'elles doivent lire le Coran avec un esprit
clairvoyant pour y chercher une quelconque justice. Si elles ne la
trouvent pas dans le texte (et elles ne la trouveront pas), elles devront
cesser de suivre ces règles et commencer à se battre. A chacune de trouver
la manière de le faire. La mienne, c'est l'écriture. Je veux simplement
les encourager, leur dire que, si nous voulons être plus civilisés, nous
ne pouvons plus suivre ces livres qui prescrivent l'inégalité. Je veux
leur faire prendre conscience que, si elles n'entament pas leur propre
libération, alors leurs filles souffriront, elles aussi. Peut-être que les
femmes d'aujourd'hui ne verront pas l'avènement d'une société laïque de
leur vivant, mais il est de leur devoir de la préparer pour les futures
générations. A celles qui ne se battent pas pour faire cesser l'oppression
de ce système patriarcal et religieux, je dis: honte à vous! Honte à vous
de ne pas protester, honte à vous de conforter un tel système! C'est
difficile, car il existe une sorte de conspiration qui maintient les
femmes dispersées et isolées (dans de nombreux pays musulmans, elles n'ont
pas même le droit d'entrer dans les mosquées) et il est difficile pour
elles de se rassembler... Mais, dorénavant, les femmes doivent conquérir
leur indépendance économique. Elles doivent se battre pour vivre dans la
dignité, en êtres humains. Nous avons besoin maintenant d'une éducation
laïque, nous avons besoin des Lumières.
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Anna Di Giovanni
From: digio